En Avril, l’association Parmentier organisait avec ses partenaires (et en particulier le Pays des Châteaux, Inpact Centre et le CIAS du Blaisois) les Rencontres Locales de la Justice Alimentaire.
Ces rencontres partaient d’un constat :
Des millions de personnes sont en situation de précarité alimentaire. Des milliers de fermes disparaissent silencieusement, pendant que les haies s’effacent de nos paysages et que les maladies liées à l’alimentation explosent. Le système alimentaire dans lequel nous évoluons est créateur d’injustices. Pourtant, partout sur le territoire, des initiatives éclosent, des solidarités se tissent et des acteurs explorent des alternatives et dessinent d’autres possibles : droit à l’alimentation, sécurité sociale de l’alimentation, justice alimentaire, et le Loir-et-Cher est pleinement engagé dans ces dynamiques.
Ces rencontres locales étaient l’occasion de prendre une journée pour échanger sur les injustices alimentaires et trouver des réponses en faveur de la justice alimentaire. Une matinée pour dénoncer les injustices et une après-midi pour réfléchir et découvrir ensemble des solutions.
Une matinée pour dénoncer les injustices
Durant la matinée, l’Agence Régionale Centre Val de Loire nous a parlé de santé : quel impact a notre alimentation sur notre corps, notre esprit, quelles actions mettre en place pour limiter les impacts, appuyée par Bio-Centre qui a pu mettre en avant son projet de Paniers Bios pour les femmes enceintes. David Peschard, de la Ferme des 4 Vents et Solidarité Paysans, ainsi que Perche Nature ont parlé de l’impact des systèmes alimentaires sur les paysages, la biodiversité, les habitant·es des zones de production et les agriculteur·ices. Enfin, Magali Ramel, docteure en droit public et modératrice du groupe de concertation du Conseil national de l’alimentation » Prévenir et lutter contre la précarité alimentaire « , est intervenue pour interroger l’aide alimentaire et les fondements d’un système qui ne respecte pas un droit à l’alimentation, et abîme profondément les personnes aidées.
Une après-midi pour construire l’action
L’après-midi, divisé en quatre ateliers, a cherché à montrer des solutions qui sont déjà expérimentées et qui cherchent à sortir de l’impasse où se trouve notre système alimentaire.
Ainsi, Pauline Salcedo et l’ADAR CIVAL ont présenté la Sécurité Sociale de l’Alimentation, et un projet mis en place dans la Vallée de la Creuse, visant à faire émerger une caisse locale de l’alimentation en milieu rural. En parallèle, l’UGESS, le CIAS du Blaisois et le Pays des Châteaux animaient un atelier pour croiser des retours de terrain de collectivités engagées pour la justice alimentaire et partager les recommandations du rapport pour un accès digne à l’alimentation durable et de qualité pour tous, tandis qu’Inpact Centre, Parmentier et le collectif Droit à l’alimentation en Centre Val de Loire donnaient quelques clefs pour construire un projet de justice alimentaire : travailler ensemble, s’ancrer dans un territoire, sortir des préjugés et prendre le temps de construire des projets de long terme. De son côté, la Fédération des Acteurs de la Solidarité du Centre Val de Loire animait un atelier où la parole des personnes concernées était au premier plan, et où des personnes vivant la précarité ont pu partager leurs expériences, leurs analyses, et remettre au coeur un principe souvent oublié : faire sans, c’est faire contre, et les dispositfs doivent intégrer celles et ceux qu’ils cherchent à aider. Enfin, Bio-Solidaire Jardins de Cocagne, après avoir assuré le repas du midi (avec des produits locaux et des salarié·es en insertion aux manettes, miam !), a co-animé avec l’écolieu La Filerie un temps d’échange sur les animations autour de l’alimentation : cuisine collectives, cueillettes solidaires, repas partagés, comment, au-delà de l’apprentissage de la cuisine, ces actions viennent retisser du lien entre les mangeur·euses, producteur·ices et leurs produits, et favorisent lien social, implication, bien-être et dignité.
La journée s’est conclue par une présentation du projet de recherche PATAMIL, qui interroge les manières de produire l’alimentation et les systèmes de solidarité alimentaire en Région Centre Val de Loire et dans deux états d’Inde.
Une journée réussie, une envie d’encore
Avec plus de 100 participant·es (élu·es, salarié·es d’associations et de collectivités, bénévoles, personnes en situation de précarité), ces rencontres ont été un énorme succès, permis par la mobilisation de tous et toutes. Une réussite qui donne envie de poursuivre, et de continuer à développer des actions qui favorisent l’action collective, le partage de compétence et la transversalité : la justice alimentaire est plus qu’un slogan, qu’un principe : c’est une urgence, et il nous appartient d’agir ensemble à la mettre en oeuvre.
